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LAICITE, PIERRE ANGULAIRE DE LA REPUBLIQUE
ou ...faux nez?


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Laïcité, valeur permanente

"La laïcité n'est pas je ne sais quel accommodement à  des exigences particulières.
Elle est fondée sur les valeurs permanentes issues du triptyque révolutionnaire : liberté, égalité, fraternité."
(Guy George)
 

Elles ont été rappelées excellemment par Henri Pena-Ruiz :

- la liberté de conscience étayée par l'autonomie de jugement
- l'égalité de tous sans distinction d'opinions spirituelles
- l'universalité de la loi commune assurée par la puissance publique.

Dès lors, le seul chemin que trace la laïcité n'est pas le communautarisme, la juxtaposition précaire de communautés. C'est deconduire femmes et hommes, par delà  leurs différences, leurs convictions, à  rechercher ensemble et établir les formes d'organisation et de règles de la vie commune.

En conséquence, ce n'est pas à  l'Etat de s'organiser en fonction des particularismes. Au contraire, c'est à  ceux-ci de s'organiser en fonction des lois de l'Etat. Tel est le fondement de la loi de 1905 qui a institué une double garantie de la vie collective.Tel est ce principe fondamental qu'il importe de sauvegarder et d'appliquer.

 

mise à  jour : 06-2005

La question de la laïcité traverse le temps et l'espace. Aujourd'hui, les termes du débat et les controverses lors de la commémoration de la loi de 1905, notamment suscités par le rapport Stasi, restent d'une troublante actualité. Ce dossier, créé à  l'occasion d'une conférence de Guy Georges reste  pertinent

Cette question nous est posée aujourd'hui par rapport au fonctionnement de la République et à  la loi fondamentale du 9 décembre 1905, loi qu'il importe moins de commémorer que d'appliquer réellement et qui traduit une conception authentique de la laïcité d'un Etat. Cette conception est biaisée depuis un demi siècle (lois antilaïques de 1951), d'où une clarification nécessaire.

 

Mise en perspective

Un survol de 1500 ans d'histoire permet une mise en perspective historique de l'évolution des comportements individuels et sociaux, au regard des religions dominantes (pour nous, le christianisme). Depuis le moment ou Augustin (4e siècle) sépare la"cité de Dieu"en 2 mondes, le monde céleste (les élus….) et le monde terrestre (sous le coup du péché originel et du rachat) on peut relever quelques constantes :

L'intelligence, la curiosité des humains ont toujours cherché à  répondre aux"pourquoi"et"comment" auxquels ils se heurtent.

  • Le mouvement scientifique et philosophique n'a cessé – et ne cessera pas – d'approcher les réponses aux mystères de la vie. Il s'accélère même et prend des dimensions surhumaines. Par conséquent, ce mouvement ne cesse de remettre en question les vérités d'hier."Croire ou savoir "disait déjà  Platon.

  • Les religions – ou plus exactement leurs dirigeants – ont constamment cherché à  se préserver de la modernité parce que cette modernité était un danger mortel pour le dogme, c'est-à -dire la vérité, établie une fois pour toutes, et qui ne devait en aucun cas être discutée.

On peut situer la réaction organisée du christianisme au 13e siècle, sous l'impulsion de Thomas d'Aquin.

Première explosion significative de la connaissance avec Copernic :

la terre n'est pas le centre du monde !-

En même temps, on redécouvre tout un passé que le christianisme avait voulu enfouir dans l'oubli: toutes les découvertes, études de l'antiquité sur l'astronomie, la médecine, les sciences.

Avec comme principal véhicule les arabes et l'islam, installés depuis des siècles au sud de l'Espagne.

C'est la voie ouverte à  toute remise en question, c'est la voie ouverte au mouvement de Renaissance.

  • Comment l'église va-t-elle réagir ? Par l'inquisition.

  • et le peuple ? On va le maintenir à  l'écart en formant, dans des"écoles confessionnelles"ceux qui auront pour mission de le maintenir dans le dogme, dans une ignorance calculée et dans la crainte de l'enfer

A partir du 13e siècle la lutte est constante souvent acharnée, entre modernité et conservatisme.

De cet affrontement se dégage, au cours des siècles, une constante érosion du pouvoir des clercs, peu à  peu dessaisis de pans entiers de pouvoir temporel. C'est le mouvement continu de sécularisation qui consiste à  faire basculer dans le monde terrestre, les biens et personnes de l'Etat ecclésiastique : le clergé séculier est différent du clergé régulier.

Une première confusion, celle de séculier et de laïque.

Etait laïque ce qui n'était pas religieux. La confusion perdure dans les dictionnaires et dans beaucoup d'esprits, ce qui est commode pour opposer laïcité et religion. La confusion est également entretenue par les commentaires qui affirment, par exemple, que l'Irak de Saddam Hussein était un Etat laïque !!

Le couple Royauté/Eglise a toujours été solidaire quand les aspirations à  l'émancipation risquaient de mettre leur pouvoir en péril.

Les tensions vont s'exacerber avec les philosophes du siècle des lumières et les encyclopédistes qui rejettent l'assujettissement de la pensée par le pouvoir religieux (Condorcet, Rousseau).

 Cette évolution n'est pas propre à  la France

Locke en Angleterre, Kant en Allemagne ont les mêmes réactions qui s'affirment au cour de la 2e moitié du 18e siècle puis tout au long du 19e.

 De la sécularisation à  la laïcisation

Revenons en France, lors de la révolution de 1789.

La sécularisation est un transfert de pouvoir, du spirituel au temporel. La laïcisation de la société va ajouter une dimension autrement ambitieuse, marquée par deux articles de la déclaration des droits de l'homme.

Art 1 : les hommes naissent libres et égaux.
C'est la rupture avec le dogme qui voulait que l'être humain naisse soumis à  Dieu pour se racheter du péché originel.
Art 10 : nul ne peut être inquiété pour ses opinions, y compris religieuses.
On peut donc avoir une opinion non religieuse. C'est l'inclusion de la liberté de conscience. Les humains sont libres de croire ou de ne pas croire.

Cette liberté de conscience, l'Eglise catholique va la combattre jusqu'à  aujourd'hui.

Ainsi le triptyque républicain liberté – égalité – fraternité est inclus dans ces deux articles. Il sera formalisé par le rapport Condorcet d'avril 1792 :

  • - séparation des Eglises et de l'Etat

  • - suppression des inégalités entre citoyens éclairés et le peuple maintenu dans l'ignorance pour être plus facilement soumis

  • - fonctionnement de l'Etat indépendant du pouvoir religieux.

Ce sont les trois conditions nécessaires et suffisantes de la laïcité de l'Etat. Il est normal qu'elles s'appliquent d'abord à  l'enseignement soumis à  l'Eglise depuis le 13e siècle. Ces valeurs bousculent l'expression et l'organisation de la société.

La source du pouvoir n'est plus Dieu, c'est le peuple.

La rupture sera violente. L'Eglise sera le fer et lance de la contre-révolution : guerre de Vendée, 10 aoà»t 1792…

La proclamation de la République, le 20 septembre 1792, entraîne deux actes de laïcisation :

  • - le transfert de l'Etat civil aux communes

  • - le calendrier républicain

La laïcité sera l'enjeu d'affrontements tout au long du 19e siècle, d'une part entre la marche inéluctable vers la démocratie et la laïcisation des institutions et d'autre part le couple royauté/église.

Observons que, dès l'origine, la laïcisation n'est pas anti-religieuse. Les références à  Dieu perdurent dans l'enseignement.

...la suite : le XIXe siècle

 

La FGRFP est présente dans tous les départements et rassemble des fonctionnaires retraités de toutes les origines et de tous les horizons, avec ou sans passé syndical ou mutualiste. Elle a constitué le Pôle des Retraités de la Fonction Publique avec quatre autres associations.